Au bord du gouffre
La fatigue... la fatigue... que c’est fatigant d’être fatigué ! À l’époque où l’information se propage avec une célérité surprenante, nos activités, autant professionnelles que privées, sont soumises aux exigences épuisantes d’une communication rapide, surveillée et exploitée, mais dénuée de sens profond. Fatigue débilitante, qui s’installe vite au second degré, car il n’y a rien d’essentiel dans cette agitation programmée : pas d’objectif personnel à long terme, pas de retombées satisfaisantes, pas de lignes de conduite sur lesquelles s’appuyer pour éviter que le vide intérieur ne s’étende. Le dialogue avec le gouffre tourne autour d’échanges contraignants, liés à une névrose obsessionnelle, souvent en phase mutante. Animée par une frénésie sans limite, la bête humaine s’emballe et se révolte, laissant son intelligence aux prises avec un parcours ingérable. On parle alors de suppléer l’organe cognitif peu performant (le cerveau) par une intelligence artifici...