Vers le vide
C’est quoi le vide, exactement ? La question mérite d’être posée, car il s’agit du gouffre insondable vers lequel l’histoire contemporaine nous emporte. Correspond-il au néant, tel que les philosophes se l’imaginent : un état sombre de l’être, caractérisé par l’annulation de ce qui l’anime (non-être) ? Ou est-ce quelque chose d’encore plus difficile à concevoir, comme la transformation d’un univers plein de vie et de sens, en un monde abstrait, mort, où l’information issue de l’observation en continu étouffe le rêve, pour le réduire à un amalgame de données numériques dépourvues de sens ? Pour la science et ceux qui suivent ses progrès, le vide correspond à une sorte d’arrière-plan relationnel, où tout ce qui a une masse s’inscrit de manière géométriquement vérifiable dans les coordonnées d’un espace-temps décrit par des variétés différentielles. Il y a équivalence entre énergie et masse, et les transitions d’états au niveau quantique se modélis...